<body><script type="text/javascript"> function setAttributeOnload(object, attribute, val) { if(window.addEventListener) { window.addEventListener('load', function(){ object[attribute] = val; }, false); } else { window.attachEvent('onload', function(){ object[attribute] = val; }); } } </script> <div id="navbar-iframe-container"></div> <script type="text/javascript" src="https://apis.google.com/js/plusone.js"></script> <script type="text/javascript"> gapi.load("gapi.iframes:gapi.iframes.style.bubble", function() { if (gapi.iframes && gapi.iframes.getContext) { gapi.iframes.getContext().openChild({ url: 'https://www.blogger.com/navbar.g?targetBlogID\x3d8948662871530317680\x26blogName\x3dUne+pr%C3%A9paratrice+qui+r%C3%AAvait+d\x27%C3%AAtre+ph...\x26publishMode\x3dPUBLISH_MODE_BLOGSPOT\x26navbarType\x3dBLUE\x26layoutType\x3dCLASSIC\x26searchRoot\x3dhttp://crapouns.blogspot.com/search\x26blogLocale\x3dfr\x26v\x3d2\x26homepageUrl\x3dhttp://crapouns.blogspot.com/\x26vt\x3d-4641757709396328859', where: document.getElementById("navbar-iframe-container"), id: "navbar-iframe" }); } }); </script>
La vie continue
mardi 10 juillet 2012 | Posté par Crapouns à 08:40

Elle venait d'avoir 18 ans, il en avait presque 25.
Il n'était ni beau  ni moche, assez banal, mais un bagou, et beaucoup d'alcool.
Il lui a dit qu'elle était belle, elle lui a dit on y va.
Ils étaient ailleurs, seuls au monde et tellement entourés à la fois.
Les vacances se sont terminées.
Il habitait Bordeaux, elle habitait Paris, ils se sont rejoints à Rouen, un jour après s'être quittés.
Il a fait un poulet coco, et ils ont fait l'amour, une fois, cinq fois, mille fois, elle ne sait plus trop, elle était bien sans ses bras.
Ils ont prit la route, ils ont chanté, ils ont dormi, ils se sont alternés jusqu'à Bordeaux.
Ca faisait trois semaines, il lui a demandé de venir le rejoindre, elle a dit oui.

Les trois babioles qui lui appartenaient chargées, un au revoir à Maman, et cette nouvelle vie s'offrait à elle.
Elle avait le sourire pendant les 6h de route qui la séparaient de lui. Il lui manquait. Sûrement qu'elle l'aimait, elle ne sait pas, elle ne l'a jamais dit, mais son cœur a battu la chamade quand elle est entrée dans sa rue.

Il l'a accueillie froidement, est parti à la Poste. Elle a prit une douche et est allée se coucher, il était midi, elle ne s'était pas arrêtée pour sentir enfin ses lèvres contre les siennes.
Ils ont regardé les photos de vacances, tous ces souvenirs, tout ce bonheur.

Il lui a dit que c'était fini, elle ne saura jamais pourquoi, comme ça du jour au lendemain. Elle venait d'arriver, et elle pleurait déjà.
Elle est restée 3 jours de plus, au cas où, elle était pathétique, mais elle ne s'en rendait pas compte. Et elle pleurait, tout le temps. Il ne voulait plus d'elle mais elle ne pouvait pas vivre sans lui. Elle avait mal, comme jamais. C'est donc ça l'amour.

Elle est finalement rentrée chez elle. Un retard, un passage à la pharmacie et c'est le couperet. Elle le portait en lui. Elle venait d'avoir 18 ans, mais elle a hésité, pour le faire revenir, sotte qu'elle était.
Tout s'est enchaîné vite, elle l'a mis au courant, il lui a dit qu'il était là. Foutaises.

La séparation finale a eu lieu en octobre, sans un mot de sa part, mais elle a compris ce jour-là que tout était fini, enfin.

Aujourd'hui, elle me dit qu'elle va bien, et je la crois. La vie continue.








Monsieur S
samedi 7 juillet 2012 | Posté par Crapouns à 19:12

J'ai beaucoup de mal à retenir le nom des patients, pas par snobisme, pas du tout, mais dans ma tête, un visage s'associe à un traitement, à une pathologie, Cellcept, Viramune, RisperdalConsta.

Mr S, j'ai retenu son nom à notre 1ère rencontre, une semaine après avoir commencé ma formation.
Je ne connaissais rien, je me contentais de sortir les boîtes indiquées, sans savoir ce qu'elles traitaient, sans imaginer le fardeau qu'elles pouvaient être.

Mr S, prenait de l'Emend, et il m'a présenté cette ordonnance bizarre, à 4 volets, et devant ma tête sûrement béate, il m'a simplement dit, "j'ai le temps, vous apprenez, c'est normal".

Il était doux, ce genre de vieux monsieur que n'importe qui adorerait avoir comme grand père.
"Comment allez vous Mr S ?" "Bien bien, il fait beau aujourd'hui."
Il avait un cancer des poumons.

Il avait un regard paternel, s'asseyait souvent, par manque de souffle, et parfois même, était trop fatigué pour venir lui même, alors j'y allais moi.
Il faisait partie de ses patients que j'appréciais aider, il me proposait quelque chose à boire, on papotait un peu, et il me donnait un petit quelque chose, que j'essayais toujours de refuser, mais qu'il glissait dans la poche de ma blouse malgré tout.

Son état a empiré, il a été mis sous oxygène chez lui. On a tout organisé, ça lui a fait du bien.

Quelques mois plus tard, il est passé à la pharmacie, prendre des comprimés pour les nausées suite à une énième séance de chimio. Il était blanc, vert, on ne sait pas trop. Il était mal, ça on le voyait.
Il nous a dit qu'il arrêtait tout. Ca n'était plus une vie, il en avait marre. Il ne supportait plus les effets indésirables, il voulait finir en paix, un vieux monsieur comme lui.

Quelques jours plus tard, nous avons rencontré son fils, dans de bien tristes circonstances.
Mr S est parti, dans son sommeil.

Nous avons utilisé les petites pièces qu'il nous donnait et nous avons bu un coup en son honneur.

La perte d'un patient, fait partie intégrante de la vie officinale, mais il y en a parfois que l'on regrette et à qui l'on pense avec bonheur.





Sodomie, mon amie
vendredi 6 juillet 2012 | Posté par Crapouns à 00:30

 Avertissement, ce billet est particulièrement grossier. Vous êtes prévenus, ne soyez pas choqués.





Avec un titre comme ça, vous allez vous dire que ce blog tourne bien mal, voire bien, voire, après tout, c'est Crapouns, on a l'habitude.

Et bien détrompez vous, je vais encore et toujours parler boulot.
Parce que voyez vous, en officine, la plupart du temps, on a l'impression de se faire enculer à sec. Avec des graviers. Ou des tessons de bouteille. Ou un magnum de champagne. Restons glamour.

Mais par qui me direz vous ?
Par nos chers et adorés patients ? Un peu, mais ils ont la délicatesse d'appliquer de la vaseline.

Par nos amis les médecins ? Aussi, mais ils demandent aux patients d'accomplir le sale boulot.

Mais il y a pire. Bien pire. Celle dont on ne doit pas prononcer le nom sous peine de déchainer les foules, provoquer des émeutes et des scandales. Pour vous mes petits chats, je vais le faire.









LA SECURITE SOCIALE. Tadadadammmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm.

J'en fais beaucoup. Soit. Mais c'était marrant non ?

Bref, je ne veux pas pousser un coup de gueule parce que "la sécu, elle rembourse plus rien, y'a que les riches qui peuvent se soigner". FAUX, Mme Cancer, son traitement à 2000 euros par mois est pris en charge intégralement, venez pas nous emmerder pour 6 euros de fuidifiant bordel !


Vous avez certainement entendu parler dernièrement, il y a un ou deux jours maxi, du fameux "Tiers Payant contre générique".

Dans les faits, pour vous ça veut dire quoi.
Si Mme Michu ne veut pas de générique pour son Clamoxyl :
1/ Elle est stupide
2/ Elle a le droit
3/ Elle paiera sa boîte de Clamoxyl
4/ Elle va râler parce que la sécu rembourse plus rien
5/ Elle repartira avec une boîte d'amoxicilline quelconque, parce que "Si vous me dites que c'est la même chose"
5/ Ou, elle repartira avec son Clamoxyl et une jolie feuille de soin marron, avec une jolie vignette collée dessus, dans sa jolie poche plastique Leclerc.
5/ Elle retournera chez son médecin, qui apposera la mention "Non Substituable" (en toutes lettres, merci) en grognant parce que "le pharmacien aurait pu l'ajouter, j'ai pas que ça à faire MOI" (nous, entre 2 patients, on fait un scrabble, parce qu'on a le temps, c'est vrai)
6/ Elle va râler.

Dans les faits, pour nous, ça change quoi.

1/ On a râlé beaucoup, et on a pris 10 ans.
2/ On a affiché sur tous les comptoirs la circulaire, pour que les patients voient que c'est officiel
3/ On a envoyé des fax, déposé aux secrétaires des cabinets médicaux alentours la fameuse circulaire
4/ On a attendu
5/ On explique 100 000 fois par jour ce qui est écrit clairement sous leurs yeux
6/ On "comprend" les petits vieux et leurs habitudes, mais on peut pas faire autrement
7/ Guronsan et Aspirine, on a le cœur qui fait des bons


Et si, soyons fou, j'envoie tout valser et malgré tout, je vous le donne votre princeps ?
C'est là que les choses deviennent intéressantes. Et ben on l'a dans le cul. La sécu ne nous rembourse pas.
Et oui messieurs dames, vos médicaments, la première personne qui les payent, c'est le pharmacien, qui attend ensuite sagement que les caisses primaires daignent rembourser ou pas. Et le ou pas, il est beaucoup plus fréquent que vous ne le pensez.
On parle pas de 50 euros mes chéris, mais bien de plusieurs milliers.
C'est comme quand vous prêtez de l'argent à un pote, et qu'il part vivre au Pérou, vous pouvez lui dire au revoir.
Nous c'est pareil, sauf que c'est pas notre amie du tout.

Tout ça représente une charge de travail énorme alors retenez bien que, ça ne tiendrait qu'à nous, ça ne se passerai pas comme ça.






Pour finir, non, pour le moment, il n'est pas possible de trouver d'éthylotests en pharmacie pour la simple et bonne raison qu'il y a UN fournisseur, et qu'il est en train de gonfler ses prix pour se faire un max de pognon. C'est pas de notre faute non plus. VOUS N'ETES PAS VERBALISABLE AVANT NOVEMBRE, A PAS PEUR.


Malgré tout ça, je vous aime quand même hein.






« Anciens articles | Articles plus récents »
Profil

Adeline, 20 ans, presque 30.


Blogs santé

Dix lunes
Pharmacien comprimé
Sparadrap gaffe & perfusions
Fluorette
Boree
Thoracotomie
Super gélule
DZB17
Spykologue
Bétadine pure
1 bouffée matin et soir
Farfadoc
Docteur Couine
Stockholm
Un jour un interne
Dans ma blouse
Mike de Bakey
Dr Zouille
Anthologia

Archives

· juin 2012
· juillet 2012
· août 2012
· septembre 2012
· octobre 2012
· novembre 2012
· décembre 2012
· janvier 2013
· février 2013
· avril 2013
· février 2014
· mars 2014
· avril 2014
· janvier 2015